THE APRIL PROJECT : tu es off 24 heures par semaine

francesco —  April 2, 2013 — 4 Comments

Aujourd’hui j’habite ici, au 62 rue du Roi de Sicile, à Paris. Non, ce n’est pas chez moi. Chez moi c’est rue Rébeval, dans le 19ème, toujours à Paris. Ici  j’y habite seulement aujourd’hui pour 24 heures. Le but est pas bien précisé.  J’ai trouvé cet appart sur airbnb, je l’ai choisis car il était le premier de la liste (le moins cher peut-être, je réalise une fois rentré et une fois “visité” cet appart de 12 m2).


Mon nouveau projet s’appelle APRIL. C’est simple : pendant ce mois d’Avril, une fois par semaine, je prends 24 heures dans la semaine (pas le week-end) et je loue un appart sur airbnb, à Paris, dans la ville où j’habite. J’ai déjà marqué sur mon agenda ces 4 jours. Je n’ai pas le droit de prendre des rendez-vous pour ces dates, je ne peux rien prévoir. Je suis OFF, rien, je suis éteint, je ne fais rien. Mais ça veut dire quoi “ne rien faire”? Moi, je ne sais pas.

THE APRIL PROJECT
est un projet sur l’espace et le temps vides.

We don’t need money, we don’t need new buildings. We only need empty spaces and free time to think, meditate and create.

#UNOCCUPYBIENNALE 
#UNOCCUPYBIENNALE 
#UNOCCUPYBIENNALE

J’avais écris cette phrase en occasion de la Biennale de Venise 2012 – immaginoteca.com/unoccupybiennale. L’espace et le temps vide m’intéressent. Je veux dessiner des espaces vides, concevoir des temps vides. Créer du vide signifie délimiter, protéger, déclarer des règles et imposer des limites. Je suis conscient qu’il s’agit d’une création par la négation, mais je n’ai pas encore trouvé mieux. Je compte le trouver. C’est pourquoi je fais APRIL.

Comment construire des espaces vides non pas par la négation mais par l’affirmation?

Suite à cette réflexion sur #unoccupybiennale , le journaliste Bernardo Gutiérrez m’a défini dans cet article “le guru de l’espace vide”. En effets, depuis quelques années, j’ai orienté la plus part de mes projets dans ce sens.

Dans le projet QUARTO | A ROOM IN MADRID (ci-dessus) j’ai quitté et vidé ma chambre, à Madrid, et je l’ai mise à disposition des artistes qui voulaient l’occuper pendant quelques mois. Les intéressés pouvaient me contacter par Internet. En suite, la seule règle était que les résidents devaient laisser une création avant leur départ. Dans APRIL (A DAY IN PARIS ?), j’inverse le processus : au lieu de vider mon espace pour y donner accès aux autres, je libère du temps pour pouvoir moi renter dans les espaces des autres.

La vidéo ci-dessous est une des création produites par (ou dans?) QUARTO, réalisée par Sonia et Sergio qui ont fait la résidence du 17 au 22 janvier 2012. La vidéo reproduit la lecture en espagnol d’un extrait de “Espèces d’espaces” (Georges Pérec,  Ed. Galilée) transcrite ci-dessous en français.

Je me sers peu de mon quartier. C’est seulement par hasard que quelques-uns de mes amis vivent dans le même quartier que moi. Par rapport à mon logis, mes principaux centres d’intérêt sont plutôt excentriques. Je n’ai rien contre le fait de bouger, au contraire.

Pourquoi ne pas privilégier la dispersion ? Au lieu de vivre dans un lieu unique, en cherchant vainement à s’y rassembler, pourquoi n’aurait-on pas, éparpillés dans Paris, cinq ou six chambres ?

J’irais dormir à Denfert, j’écrirais place Voltaire, j’écouterais de la musique place Clichy, je ferais l’amour à la poterne des peupliers, je mangerais rue de la Tombe-Issoire, je lirais près du parc Monceau, etc. Est-ce plus stupide, en fin de compte, que de mettre tous les marchands de meubles faubourg Saint-Antoine, tous les marchands de verrerie rue du Paradis, tous les tailleurs rue du Sentier, tous les Juifs rue des Rosiers, tous les étudiants au quartier Latin, tous les éditeurs à Saint-Sulpice, tous les médecins dans Harley Street, tous les Noirs à Harlem ?

Georges Pérec
Espèces d’espaces

Ed. Galilée.

Cette vidéo, réalisée au cours d’un projet d’espace vide, semble aujourd’hui une prophétie du projet APRIL qui utilise la matière du temps vide en connexion avec l’espace de la ville. Ces deux entités sembleraient intimement liées, spécialement quand elles sont réduites à leur état le plus pur, leur était primordiale, celui du vide, de l’absence des objets. C’est dans le vide que les relations invisibles deviennent évidentes.

Aujourd’hui, mardi 2 avril, c’est le DAY 1. Les 24 heures ont démarré à 15h30.
Je suis en train de réaliser un journal de ce temps vide. Ce texte et les deux photos ci-dessous en font partie.

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THE APRIL PROJECT
Un projet sur l’espace et le temps vides.

DAY 1 / mardi 2 avril 2013
ESPACE 1 /  62 rue du Roi de Sicile, 5ème étage – fiche airbnb

4 responses to THE APRIL PROJECT : tu es off 24 heures par semaine

  1. Ça me fait penser à Paul Auster et Sophie Calle… bonne chance!

  2. Ciao Jaime, je te répons depuis Place d’Italie où j’habite aujourd’hui pour mon DAY 2 ;)
    Sophie Calle, effectivement tu as raison!
    Saluti a Madrid!

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